La cuisson figure parmi les principales sources de particules fines à l’intérieur des logements, rappelle l’Académie nationale de pharmacie dans un point publié le 15 octobre 2026, au lendemain de la Journée nationale de la qualité de l’air. Bonne nouvelle : l’aménagement de la cuisine et quelques réflexes au quotidien pèsent directement sur l’air que l’on respire chez soi.
- Dans plus de 43 % des logements, les particules fines dépassent la valeur journalière préconisée par l’OMS.
- Les activités de cuisson font partie des sources intérieures identifiées.
- Les matériaux de construction et de décoration émettent aussi des composés organiques volatils.
- Les pouvoirs publics recommandent d’aérer au moins 10 minutes par jour, notamment en cuisinant.
Les points :
Que disent les dernières données sur l’air de nos maisons ? #
Le point publié sur Vidal par l’Académie nationale de pharmacie s’appuie sur la deuxième Campagne nationale logements de l’Observatoire de la qualité des environnements intérieurs (OQEI), qui a mesuré l’air intérieur dans des logements partout en France.
Le constat est double. D’un côté, plusieurs polluants ont nettement reculé depuis la première campagne : les particules, les aldéhydes et le benzène ont baissé de 28 à 47 %. De l’autre, les particules fines dépassent encore la valeur maximale journalière de 15 µg/m³ préconisée par l’Organisation mondiale de la santé dans plus de 43 % des logements.
Pourquoi la cuisine est-elle concernée au premier chef ? #
Parmi les sources intérieures de particules fines, l’Académie cite les activités de cuisson, aux côtés du tabac, du chauffage au bois et des bougies. Saisir une viande, faire frire, griller du pain ou laisser brûler un fond de casserole libère des particules et des fumées qui se diffusent rapidement dans une pièce ouverte sur le séjour.
La cuisine concentre aussi d’autres sources : les produits d’entretien et de désinfection, cités parmi les émetteurs de composés organiques volatils (COV), et l’humidité dégagée par les cuissons à l’eau. Avec les cuisines ouvertes devenues la norme, ce qui se passe au-dessus des plaques concerne toute la pièce de vie.
Bien choisir et bien utiliser sa hotte #
La hotte est le premier équipement de la cuisine face aux fumées. Une hotte à évacuation extérieure rejette l’air chargé dehors ; une hotte à recyclage filtre les graisses et les odeurs puis renvoie l’air dans la pièce. Dans une cuisine ouverte, la première solution reste la plus efficace quand la configuration du logement le permet.
À lire Cuisine équipée : les offres d’automne d’IKEA et Darty passées à la loupe
Côté usage, trois réflexes font la différence : la mettre en marche quelques minutes avant de commencer à cuire, la laisser tourner un moment après la fin de la cuisson, et cuisiner de préférence sur les foyers arrière, mieux couverts par la zone d’aspiration. Les filtres à graisse se nettoient régulièrement, et les filtres à charbon d’une hotte à recyclage se remplacent selon les indications du fabricant.
Aérer, même en automne #
Avec la baisse des températures, on ouvre moins les fenêtres. C’est pourtant le moment de garder le réflexe. Le ministère de la Transition écologique recommande d’ouvrir les fenêtres en grand dans toutes les pièces au moins 10 minutes par jour, été comme hiver, et en particulier lors d’activités comme le ménage, le bricolage ou la cuisine.
Le ministère insiste aussi sur la ventilation continue du logement, qu’elle soit naturelle, par les bouches et grilles d’aération, ou mécanique, avec une VMC. Dans une cuisine, la bouche d’extraction ne doit jamais être obstruée par un meuble haut ou un habillage décoratif, et elle s’entretient comme la hotte.
Des matériaux et des finitions qui comptent #
L’Académie rappelle que les COV sont émis par les matériaux de construction et de décoration. Une rénovation de cuisine est donc un moment clé : panneaux de meubles, colles, vernis, peintures et plans de travail participent à la qualité de l’air dans les semaines qui suivent la pose.
À lire Refaire sa cuisine : toutes les questions à se poser avant de casser
Quelques précautions simples : comparer les fiches techniques des matériaux, laisser aérer longuement après des travaux de peinture ou la pose de nouveaux caissons, et éviter de multiplier les produits parfumés, bougies et désodorisants, qui ajoutent leurs propres émissions dans une pièce déjà sollicitée.
Notre avis #
On pense souvent la cuisine en termes de style, de couleurs et de rangements. La qualité de l’air mérite d’entrer dans le cahier des charges au même titre : une hotte bien dimensionnée et raccordée à l’extérieur, une ventilation dégagée et des finitions choisies avec soin valent bien une crédence tendance.
Questions fréquentes #
Une hotte à recyclage suffit-elle dans une cuisine ouverte ?
Elle retient graisses et odeurs, mais renvoie l’air dans la pièce. Si l’évacuation extérieure est impossible, il faut l’associer à une aération régulière et à des filtres bien entretenus.
Combien de temps aérer sa cuisine ?
Les pouvoirs publics recommandent au moins 10 minutes par jour fenêtres grandes ouvertes, et d’aérer pendant ou après la cuisine.
À lire Dans quel ordre rénover sa cuisine ?
Les meubles de cuisine neufs polluent-ils l’air ?
Les matériaux de construction et de décoration font partie des sources de COV identifiées. Aérer largement après la pose limite leur accumulation.




